Films Immobiles 2


Un Film immobile s’accroche au mur
comme un tableau. Plus exactement, il se dépose sur un support en Inox.  Son format est homothétique
à celui d’un écran de cinéma. Il est
fait de plusieurs plans dont les matériaux
de base sont aussi divers que le bois, le
plexi, le PVC… Chacun de ces plans sert
de support à des fragments d’images,
des bulles de mots et des modulations de couleur. Si ces
fragments d’images et ces bulles de mots
sont bien le signe d’une tentative de narration
ou de parole, il s’agit cependant
d’une pensée suspendue et d’une parole
trouée, elliptique, qui ne trouve pas à se
dire complètement. La série a été réalisée entre 2021 et 2023 à Pantin■

L’éclipse. 2023
109 cm x 99 cm
Bois, plexi, peinture acrylique, encre, transfert, support Inox

La barque 1.2023
147 cm x 75,5 cm
 sérigraphie marouflée sur PVC, plexi diffusant, peinture acrylique, encre, support Inox

 

 Vue d’atelier Pantin. décembre 2023

Les Films Immobiles ne sont pas des
films mais des sortes de bas reliefs mi peinture, mi sculpture
faits avec des images (souvent
tirées de films) et des mots qui appartiennent
au registre de la parole, de
la voix‑off ou de la pensée. Je les
appelle ainsi par référence à ma pratique
de vidéaste et aux installations
vidéo que je réalise depuis plusieurs
années. Contrairement à mes films
et installations filmiques, ces Films
Immobiles ne bougent pas : ils sont
du cinéma arrêté, du film potentiel,
de la pensée suspendue.

Série Films immobiles. Vue d’atelier. Pantin 2023
118 cm x 73 cm
plexi, PVC, peinture acrylique, encre, impression laser, sérigraphie, transfert

Dans les Films Immobiles, il y a quelque
chose de lacunaire, de fragmentaire, d’incomplet,
d’incertain et de flottant. À travers
ces trébuchements du discours,
ces glissades d’images et ces effets lapsus,
c’est l’inconscient qui s’exprime. Les
Films Immobiles sont une radiographie de
ces dérapages. En associant une image à
une autre ou une image à des mots, des
aplats ou des bulles de couleurs, je travaille
exactement comme un monteur au
cinéma, à la recherche d’un rythme, d’une
scansion, d’une émotion, d’un moment de
vérité ou d’un effet de sens inattendu. ■

Films immobiles.2023
121 cm x 91 cm
plexi, PVC, plexi, bois, peinture acrylique, encre, transfert

Chaque Film Immobile fonctionne sur le
modèle du diptyque (ou du split-screen
au cinéma). Il y a d’un côté une image :
un visage qui ferme les yeux ou un corps
qui nous tourne le dos, avec autour de
lui des bulles de mots ou de couleurs
qui schématisent et scandent sa pensée
(ou sa parole). De l’autre côté, s’étend
une grande plage de couleur.
Cette plage sombre ne peut pas être
déconnectée de l’image pensante ou parlante
placée à côté. Elle en est la scansion.
Elle produit un silence. La légère
modulation de ces plages sombres est,
pour moi, l’équivalent des drones musicaux
et des bourdons minimalistes que
j’utilise dans mes films. C’est comme une
basse continue qui donne un sentiment
de temps étalé et de durée dilatée. ■

Vue d’atelier. 2023. Pantin

Série Films immobiles. Vue d’atelier. Pantin 2023
161 cm x 87 cm
PVC, , bois,  acrylique, encre, sérigraphie marouflée sur PMMA diffusant

Vue d’atelier.  Pantin 2023

I-Fang. 2023
104 cm x 73,5 cm
Bois,acrylique, encre, transfert sur plexi